asakusa a écrit : "
The show must go on!
Faut-il y voir un effet du boycott de la NHK ? Privé de retransmission télévisée, le public est venu en nombre pour assister à l'ouverture du Nagoya basho 2010. Et il n'a pas boudé son plaisir, manifestant à plusieurs reprises un enthousiasme réel (notamment lors des combats de Takamisakari et Kisenosato). Quant aux lutteurs, probablement perturbés par le séisme d'avant-basho, ils sont loin d'avoir pratiqué leur meilleur sumo, à quelques exceptions près.
La première exception s'appelle Hakuho.
Imperturbable comme un bloc de granit au milieu d'un jardin zen, le Yokozuna mongol n'a pas manqué son entrée en matière : dès le tachi-ai, il agrippe le mawashi du valeureux Tochinoshin pour le projeter au sol d'un uwatenage tournoyant. Le Géorgien n'a rien pu faire (il se consolera en se disant que personne ne peut rien faire contre le Seigneur du dohyo).
Kotooshu a également livré un combat très sérieux contre Asasekiryu : prise de mawashi précoce grâce à une allonge démesurée, position extrêmement stable permettant de déjouer les contres de son adversaire, poussée ultime puissante et franche (yorikiri). Du sumo d'Ozeki concentré, ce qui n'est pas toujours le cas du Bulgare...
Les autres hauts gradés ne peuvent pas en dire autant. Baruto se débarrasse d'Hakuba de manière on ne peut plus confuse : il agrippe le bras gauche de son adversaire de ses deux pinces à broyer, avant de l'envoyer au sol par la gauche. Les juges (qui doivent parfois faire preuve d'imagination) qualifieront de kimetaoshi ce mouvement rien moins qu'orthodoxe. Kaio a définitivement troqué son costume de "Uwtatenage Man" pour celui de "Super Hatakikomi", technique un peu fruste mais terriblement efficace quand on développe un tachi-ai aussi puissant que celui du vieux buffle. La victime du jour s'appelle Aran. Tochiozan fait chuter Harumafuji grâce à une merveille de tachi-ai, sautant à la gorge de son adversaire, l'empêchant de s'organiser, avant de l'oshidashiser en quelques instants. Le jeune Japonais reste dans la continuité de son excellent (quoique frustrant) Natsu basho ; avec un tel sumo, il pourrait bien tirer profit du chaos actuel pour s'installer durablement en sanyaku...
Kisenosato bloque parfaitement le tachi-ai d'Aminishiki avant de le repousser d'un puissant nodowa, sous les vivats de la foule. Son frère ennemi, Kotoshogiku, n'a pas connu la même fortune contre Kyokutenho. L'imputrescible Mongol fait une fois de plus admirer ses qualités de lutteur, en bloquant par la stabilité de son bassin et la puissance de ses bras les bonds velléitaires de son adversaire, avant de le sortir sur yorikiri. Kakuryu a fait preuve de patience pour trouver la faille dans la défense de Wakanosato, après un long moment d'observation au centre du dohyo (yorikiri). Tokitenku, lui, a rapidement sorti Kitataiki sur hatakikomi. Les autres joi-jin habituels (Goeido, Toyonoshima, Miyabiyama, Toyohibiki), suspendus pour toute la durée du tournoi, ont évidemment beaucoup manqué...
Plus bas dans le tableau, on notera : la défaite de Yoshikaze face à Tokusegawa sur abisetaoshi (technique qu'il était le dernier à avoir utilisé en makuuchi) ; le crêpage de mage de Shimotori (qui place plusieurs tentatives d'hatakikomi) et Kakizoe (qui paraît s'agripper au chignon de son adversaire dans sa chute) ; la défense désespérée de Takamisakari, qui s'extirpe de la clé de bras de Takekaze avant de le faire chuter lourdement (hikiotoshi) ; le rétablissement miraculeux d'Homasho, déstabilisé par l'hatakikomi de Kimurayama mais qui parvient à se redresser pour finalement sortir son adversaire (okuridashi) ; la victoire "hokutorikienne" d'Hokutoriki (tachi-ai volé, nodowa agressif et tsukidashi) sur Tamaasuka ; la puissance de Mokonami face à Tosayutaka (yorikiri).
On était curieux d'assister au premier combat de Gagamaru dans la division reine. Son compatriote Kokkai n'a eu aucun mal à canaliser la puissance trop linéaire du massif Géorgien et à le désaxer comme à l'entraînement (tsukiotoshi). Il faudra à l'avenir faire parler d'autres arguments que la puissance pure... Victoire également de Tamawashi sur Bushuyama (oshidashi) et de Kotokasuga sur Shotenro (yorikiri).
En juryo, Tamanoshima et Tochinonada entament mal leur course à la promotion, avec chacun une défaite contre respectivement Kasugao (kotenage) et Sakaizawa (hatakikomi). Tosanoumi réjouit ses fans (hatakikomi sur Matsutani) tandis que Yamamotoyama désespère les siens (okurinage d'Asofuji).
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