• Kyûshû basho 2014 - 1ère journée (Shonichi)

    Faux-départ de Gôeidô, Ichinojô en apprentissage.

    Voici venue l'heure de clore l'année 2014 en sumô. Et quoi de mieux, que ce tournoi de Fukuoka, sur l'île de Kyûshû ? Les médias japonais, en tout cas, n'ont d'yeux que pour un lutteur : Ichinojô. En flânant de site en site, on constate que la nouvelle vedette mongole de la discipline attire les objectifs et les caméras. Il faut reconnaître que sa progression est fulgurante et qu'il a failli signer un exploit monumental en septembre dernier (jun-yûshô pour son premier tournoi en makuuchi).
    Aussi, son combat contre le yokozuna Harumafuji était très attendu. Ichinojô a certes combattu Hakuhô et Kakuryû, en septembre, mais pas Harumafuji qui avait déclaré forfait en première semaine de l'Aki basho. Peut-être est-ce l'enjeu (confirmer son Aki basho) ou le prestige et la qualité de l'adversaire (un yokozuna), toujours est-il qu'Ichinojô n'a pas existé aujourd'hui. Pris d'assaut par Harumafuji, la montagne Ichinojô a accouché d'une souris. Le yokozuna a contrôlé son combat de bout en bout, s'appliquant à sortir le sekiwake. Ce dernier n'a envisagé qu'une seule technique : la poussée vers le bas, mais il va falloir envisager d'autres tactiques contre de tels adversaires. Ce qui ne manquera pas d'attirer les caméras et les objectifs.



    Harumafuji expulse Ichinojô hors du cercle.

    Les deux autres yokozuna mongols se sont aussi imposés aujourd'hui, pour leur entame de tournoi. Hakuhô a été impérial, tout en maîtrise sans même laisser le temps de quoi que ce soit à son adversaire, Ikioi. Hakuhô a semblé facile. Pour Kakuryû, ce le fut moins, mais le combat y a gagné en dynamisme. Pour un combat réussi, il faut deux bons lutteurs et Takekaze est de ce genre-là. Il a rapidement attaqué Kakuryû, cherchant la faille. Mais Kakuryû a bien encaissé les assauts, plaçant une défense solide et cherchant une prise au mawashi. Cette dernière trouvée, il est passé à l'offensive en sortant facilement un Takekaze moins libre de ses mouvements. Trois de cordée, donc, pour les yokozuna.

    Il n'en va pas de même pour les ôzeki, quelque peu chahutés aujourd'hui. Kisenosato affrontait l'expérimenté Aminishiki et une mauvaise surprise lui pendait au nez. Toutefois, même si ce dernier a essayé de déséquilibrer Kisenosato en le poussant vers le haut, l'ôzeki n'a pas perdu l'équilibre et commença à repousser Aminishiki, qui perdit ses appuis en cherchant à esquiver sur le côté. Gôeidô aurait bien aimé avoir la même chance, mais il est parti trop vite à l'abordage de Takarafuji. Le pensionnaire de l'Isegahama-beya ne paniqua pas, en encaissant solidement la charge de l'ôzeki avant de retourner la nouvelle pression de Gôeidô contre lui et de le laisser choir. Dès le shonichi, l'ôzeki grille un joker. Il pourra se raccrocher à ce dicton japonais : "Rien n'est perdu tant que tout n'est pas perdu." Enfin, Kotoshôgiku a vu la défaite de près contre Tochiôzan, adversaire qui lui pose souvent des problèmes. Et tout semblait pour se reproduire : Kotoshôgiku fut rapidement acculé au tawara par Tochiôzan. Et, pourtant, il a poussé, mais l'ôzeki a tenu bon, en équilibre sur le bandeau de paille. L'ôzeki profita d'un petit temps mort pour contrer et retourner la situation, s'imposant par yorikiri.

    Deux lutteurs attiraient aussi les regards, en cette première journée de tournoi : Amûru et Tochinoshin. Le premier, car il faisait ses premiers pas dans la division reine ; le second, car il faisait son grand retour en makuuchi après une longue blessure et un retour fracassant : quatre titres d'affilée avec seulement 2 défaites en 44 combats, dont un zenshô-yûshô en septembre dernier en jûryô ! Et ces deux lutteurs ont connu des fortunes diverses. Le lutteur russe, opposé à Sôkokurai, a beaucoup tenté. Rapidement à l'offensive, Amûru a essayé de repousser Sôkokurai, parvenant à trouver une prise sur son mawashi. Mais le Mongol, toujours difficile à manoeuvrer, retourna la situation en plaçant un sukuinage bien réalisé et imparable. Amûru devra donc attendre demain, au moins, pour signer sa première victoire en makuuchi. Du côté du Géorgien Tochinoshin, l'histoire est différente. Rapidement redressé au tachi-ai pour garder le contrôle, il enchaîne quelques poussées sans effet, fait attention aux esquives par le côté de Endô, avant de parvenir à projeter au sol son adversaire. Un combat maîtrisé de bout en bout qui en fait sa vingtième victoire consécutive, série sur trois tournois.

    Notons la triplette de shiroboshi décrochée par les pensionnaires du Kokonoe-beya (Chiyomaru, Chiyotairyu et Chiyoôtori). Pourtant, leurs opposants n'étaient pas simple à battre, que ce soit Kotoyûki qui ne s'incline que sur hatakikomi, Tokushôryû, habilement manoeuvré, ou encore Osunaarashi qui cède sur deux poussées puissantes. On peut ajouter les victoires tactiques de Toyonoshima (contre Jôkôryû) et de Takayasu (contre Terunofuji).

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    Commentaires 3 Commentaires
    1. Avatar de Gnoppod
      Gnoppod -
      Sokokurai est-il mongol ou chinois?
    1. Avatar de Sakana
      Sakana -
      Sôkokurai est Chinois, né en Mongolie-Intérieure.
    1. Avatar de Gnoppod
      Gnoppod -
      Merci! C'est ce qu'il m'avait semblé, mais je n'en étais plus sûr.