• Natsu basho 2014 - 11ème journée (Juichinichi-me)

    Hakuho tombe enfin.

    Stupeur au Kokugikan, même si le sumo de Hakuho sur ce tournoi laissait transparaître quelques incertitudes quant à sa qualité, le yokozuna montrant des signes de fébrilité qui ne lui sont largement pas coutumiers. Cette fébrilité prend tout son sens sur cet affrontement contre Goeido, pourtant vainqueur à deux petites reprises en 25 rencontres face à l’ogre mongol. Après un tachiai relativement bon des deux côtés, Hakuho, apparemment peu désireux de faire durer les choses, s’écarte vivement de la trajectoire, ce qui manque d’attirer Goeido vers la sortie, mais le sekiwake montre des réflexes étonnants pour se rétablir, d’une part, et en plus s’écarter lui-même de la trajectoire du yokozuna venu achever le travail, et qui se retrouve alors largement exposé, en équilibre à la corde, avec Goeido sur son côté droit. Le sekiwake n’a plus qu’à reprendre sa marche en avant, la défaite du yokozuna est inéluctable (et était déjà consommée puisque l’orteil droit de Hakuho était sorti après l’évitement du sekiwake).


    Trop précipité, le yokozuna…


    L’autre choc du jour oppose Kisenosato et Ikioi. Les deux hommes se plantent rapidement en position inversées, main sur le mawashi, et l’on sent tout de suite que cela risque d’être difficile pour le challenger, tant le physique de Kisenosato paraît solide et son sumo irrésistible si l’on ne vient pas lui mettre le feu, sur ce tournoi. De fait, après avoir affermi sa position, l’ozeki lance une offensive irrésistible et sort de la main gauche Ikioi. Le challenger ne perd toutefois pas le contact, mais surtout, l’ozeki revient directement et plus que jamais dans la course. L’affrontement de demain avec Hakuho pourrait être décisif.

    Derrière, Harumafuji, l’air de rien, revient lui aussi en course en disposant de Tochiozan, en forme sur ce tournoi, d’un oshidashi tout en force, le yokozuna conservant un solide impact durant tout le combat.


    Pas mort, Harumafuji…


    Kakuryu assure son kachi-koshi face à Kotoshogiku visiblement pas en condition, ses gaburi étant inefficaces face au yokozuna qui ouvre au moment choisi la porte pour laisser l’ozeki sortir en emmenant le gyoji comme une quille. Le kadoban sera compliqué à éviter.


    Sale temps pour Kotoshogiku.


    Endo met fin à une série de cinq revers consécutifs en soutenant face à Chiyootori une rude bataille de tsuppari, conclue logiquement sur hatakikomi.


    Le métier rentre enfin.


    Chiyootori est le premier sanyaku à libérer son strapontin pour Nagoya. Yoshikaze, lui, conserve un maigre espoir en ouvrant grand la porte à Chiyotairyu après l’atari. Une soirée difficile s’annonce à la Kokonoe-beya. Joli combat entre Aoiyama et Takekaze, cocasse à un moment lorsque les deux lutteurs se retrouvent fesse à fesse, mais au final une conclusion assez classique en hikiotoshi, le Bulgare en sortant vainqueur et plus proche encore des sanyaku. Kaisei enfonce un peu plus le malheureux Takarafuji, sans solution ni prise de mawashi sur ce combat, qui tente au dernier moment un sukuinage que le Brésilien, petient, contre sur kubinage. La chute va être rude. Bataille de vétérans entre Toyonoshima et Aminishiki, remportée de haute lutte par le Renard, bien aidé par des makikae fulgurants en début d’affrontement qui lui permettent d’affirmer une solide prise sur le mawashi de Tom Pouce et, au terme d’une lutte extrêmement physique, remporter ce combat au couteau sur yorikiri. Kyokutenho se traîne comme une âme en peine sur ce basho, en témoigne un combat qui lui aurait été acquis en bien d’autres occasions face à Okinoumi, dont il tient solidement le mawashi. Mais le Mongol ne semble pas avoir de jus, lâche prise et combat et va dégringoler au classement en juillet. Pour mieux rebondir et décrocher un deuxième yusho surprise ? Shohozan recule sous l’impact de Tochinowaka, mais la précision et la force de ses tsuppari sont suffisants pour lui donner une shiroboshi incontestable. Etonnant Tamawashi qui transperce sans hésitation le lourd gabarit de Chiyomaru, expulsé en oshidashi. Jokoryu enserre sans peine Homasho qu’il fait pivoter et sortir en yorikiri. Combat décevant de l’Apache, inexistant sur ce coup. Osunaarashi est toujours aussi convaincant sur le plan de l’engagement et des réflexes, compensant un certain manque de technique et un tachiai déficient. Tokushoryu est fini dès lors que l’Egyptien parvient à passer les bras sous sa garde pour lui soulever les épaules. Les limites d’Osunaarashi devraient être plus claires au prochain basho s’il remporte son kachi-koshi et avance vers le haut de la makuuchi, à moins qu’il ne trouve le moyen de corriger ses déficiences. Autre souci, il semble avoir aggravé une blessure déjà existante au pied droit et boîte en sortant de l’arène. Toujours aussi décevant sur ce tournoi, Takayasu ne prend jamais véritablement la main dans son combat contre Sokokurai et finit par se faire blouser par un tsukiotoshi qui donne à l’ancien paria son premier kachi-koshi en makuuchi depuis trois ans et demi. Myogiryu est plus convaincant face au poids-lourd Gagamaru qui lui réussit usuellement bien, l’emportant par un oshidashi clair et net. Le Géorgien va commencer à être court au niveau des jokers disponibles. Lutte très physique au mawashi entre Terunofuji et Arawashi, le premier ayant un avantage certain dans ce registre, ce dont il finit par profiter après avoir contré de nombreuses tentatives de son plus léger adversaire.


    Sacré physique de Terunofuji.


    Tsukidashi brutal de Toyohibiki qui ne laisse pas un instant de répit à Takanoiwa avant la sortie du Mongol. Henka massive de Kitataiki qui inflige le make-koshi à Masunoyama dont l’avenir en makuuchi ne tient plus qu’à un fil. La très profonde prise de mawashi de Tokitenku sur Kagamio lui confère un avantage certain, presque réduit à néant par la tentative de projection au cou désespérée tentée par ce dernier à la dernière seconde, mais le vétéran a suffisamment de ressources pour contrer sur shitatenage. Trop optimiste au lendemain de son kachi-koshi précoce, Sadanoumi décide d’y aller avec sa cinquième tentative de sotogake, mais cette fois-ci le piège fait long feu, Kyokushuho montrant assise et stabilité pour rester sur ses appuis, tourner son adversaire vers la tawara et le sortir, empochant son kachi-koshi à l’occasion.

    Surprise en juryo où l’impressionnant tsukedashi Ichinojo cède, la faute à un tachiai assez léthargique, face aux assauts de Sadanofuji. Seiro prend seul les commandes de la division, avec Ichinojo, Azumaryu, Kotoyuki et Wakanosato à ses trousses. Amuru enfonce Takanoyama qui risque de voir une fois de plus reprendre l’ascenseur vers les makushita.

    En makushita, le succès attendu et prévisible de Tochinoshin assure le retour en juryo du Géorgien en lui laisse une grosse option sur le yusho, Akua, dont les références ne sont pas transcendantes, étant le dernier présent pour le lui contester. Daieisho, auteur d’une progression exemplaire dans le sumo, devrait l’accompagner en seconde division avec Wakanoshima. Kyokutaisei, vaincu par Dewahayate, devra remporter son dernier combat et espérer des circonstances favorables pour être promu en juillet, tout comme Tochihiryu et Kizenryu. En sandanme, le « favori » Daishoiwa reste en course. En jonidan, Kaisho est seul en tête, mais Abiko combat demain. Situation similaire en jonokuchi où Shodai prend les commandes, et jouera sans doute, sauf surprise, le yusho face à Nago, qui combat en jonidan demain.

    A noter enfin deux intai annoncés hier et aujourd’hui, ceux des anciens sekitori Tanzo et Kimikaze, dont les carrières de lutteurs auront été trop hachées par des blessures pour leur permettre de poursuivre avec des espoirs raisonnables. Farewell…