• Aki basho 2013 – 4ème journée (Yokka-me)

    Effondrement (presque) total

    Hier, Hakuho était en tête, invaincu, en compagnie de trois ozeki et de trois maegashira. Mais ça, c'était hier car ce quatrième jour (seulement) de l'aki basho a été l'occasion de voir un effondrement quasi généralisé de la seule opposition crédible au yokozuna (on parle bien sûr des ozeki). Kotooshu est le seul à surnager, à peine, après sa victoire ultra limite sur Myogiryu qui a réussi à le renverser sur un salto avant exécuté en duo et qui a nécessité une décision des juges pour assurer Kotooshu de la victoire. Les deux autres ozeki (ex)leaders ont eux été battus sans appel par leurs adversaires du jour. Expéditif face à Kakuryu, Tochiozan n'a eu qu'à foncer droit devant pour repousser le Mongol loin dans le public. Kotoshogiku, quant à lui, s'est incliné devant un Goeido beaucoup plus habile techniquement qui l'a intelligemment empêché de mettre en marche son sumo de rouleau compresseur avant de l'attaquer au bon moment. Du pain béni pour Hakuho qui a pourtant eu à faire face à une opposition plus forte que prévu de la part d'Okinoumi qui n'en est pas moins sorti vite fait, comme d'habitude. Et ne parlons pas de Harumafuji, une nouvelle fois vaincu par un maegashira, Aoiyama, alors qu'il le dominait copieusement. Il était en effet sur le point de l'expulser quand ce dernier s'est esquivé et a repoussé un yokozuna plus que jamais sur la sellette.




    Plus bas dans le classement, l'écrémage habituel se poursuit. Confronté à Tamawashi, encore invaincu, Endo a confirmé son statut de superstar naissante en le repoussant avec force malgré une lutte acharnée. Jusqu'où le petit prodige va t'il aller ? Ne restent donc plus en embuscade que deux vaillants maegashira. Kyokutenho, ce vieillard de presque 40 ans, est l'un d'eux, lui qui a fait la leçon au jeune Tokushoryu en le prenant de vitesse au tachi-ai avant de le balayer en quelques secondes. Etonnamment efficace en ce début de basho, même si on connait ses qualités, Yoshikaze a lui aussi continué sur sa lancée en repoussant Tochinowaka pour ensuite reculer et le laisser tomber. Pas de quoi inquiéter un dai yokozuna mais au moins ces rikishi arrivent ils à animer ce début de basho. Devant un Ikioi incisif, Kisenosato n'a pas eu la partie facile même si tout le combat a été à sens unique. Il a fort heureusement compris qu'il fallait rester concentré pour imposer son sumo supérieur, ce qu'il n'a pas manqué de faire avec assurance.

    Takayasu et Shohozan ne se sont affrontés qu'après s'être longuement défié du regard, à la grande joie des spectateurs. Le combat qui s'en est suivi était dans la continuité et a plus ressemblé à du combat de rue qu'à du sumo tant les tsuppari pleuvaient. Plus tranchant, Shohozan l'a logiquement emporté. Takarafuji a tout fait pour prendre le mawashi de Chiyotairyu et l'empêcher ainsi d'imposer ses tsuppari dévastateurs, sans succès puisqu'il s'est retrouvé dehors. Après un bon tachi-ai, Kaisei n'a pas eu trop de mal à imposer sa masse et sa puissance à Kitataiki. Subtil comme à son habitude, Toyohibiki n'a pas fait de détail en fonçant avec une rapidité stupéfiante sur Aran qui s'est tout de suite écroulé au pied du dohyo. Toyonoshima est d'une bonne volonté évidente mais manifestement, cela ne suffit pas à lui donner la victoire. Contre Aminishiki, le lutteur de poche a été en difficulté, incapable de faire mieux que résister, ce qui n'a pas empêché son expulsion. Il subit ainsi sa quatrième défaite en autant de jours.

    Tokitenku a été fidèle à sa tradition d'invincibilité face à Fujiazuma. Il faut dire que ce dernier a été bien naïf d'attaquer sans réfléchir un rikishi aussi technique qui n'a eu qu'à accompagner son mouvement d'une projection suffisante pour le mettre à terre. Homasho a eu beau résister comme il sait si bien le faire aux assauts de Kotoyuki, il n'a pas pu empêcher de se faire sortir. Un peu brouillon (comme souvent), le combat de Masunoyama contre Gagamaru a eu le mérite d'être très vivant tant les deux lutteurs se sont montrés actifs. Plus expert à ce jeu là, Masunoyama a réussi à mettre le lourd Géorgien à terre.

    Plus rapide que Tamaasuka, Shotenro l'a tout de suite obligé à reculer et si le Japonais a tenté de dévier la charge, il n'a fait que partir à la renverse. En pleine déconfiture (aucune victoire), Wakanosato n'a pas réussi à inverser la tendance face à Takekaze qui n'a pas hésité à faire un pas de côté pour surprendre le vétéran de la Naruto afin de mieux le repousser. Agressif à souhait, Asashisho a attaqué Sadanofuji sans répit jusqu'à ce qu'il sorte. Jeune prometteur qui est un peu rentré dans le rang lors des trois derniers basho, Jokoryu s'est montré volontaire pour expulser Tenkaiho après s'être saisi de son mawashi et se retrouver ainsi à 2-2.

    En juryo, seulement deux lutteurs restent invaincus. Si les performances de Kyokushuho n'étonnent guère pour celui qui est déjà une valeur sûre, les victoires de Terunofuji, un autre Mongol, sont une agréable surprise. Pour son premier tournoi en juryo, ce solide gaillard de 170 kg (pas si courant pour un Mongol) au sumo sérieux et efficace réussit à déjouer tous les obstacles comme les pronostics. Aujourd'hui, il était confronté à Takanoyama, le lutteur piège par excellence, qui a effectivement tout tenté (balayage, tsuppari, évitement) pour le déstabiliser mais Terunofuji est resté solide sur ses appuis et l'a vite repoussé. De son côté, Kyokushuho a facilement disposé de Seiro avec un yorikiri ultra classique. Ceci dit, le plus beau combat de la division a été la confrontation entre Osunaarashi et Satoyama, ou plutôt les confrontations puisque lors de leur premier combat, les juges ont décidé que les deux lutteurs étaient tombés à la renverse en même temps. Il faut dire que Satoyama a beaucoup géné le lutteur égyptien en plaçant sa tête sous sa garde puis en continuant à attaquer alors qu'il était dos à son adversaire. Cela n'a pas suffit hélas à empêcher les deux rikishi de se retrouver fesses à terre en même temps. Le deuxième combat s'est révélé tout aussi intense, quoi que plus tactique. Prudent, Osunaarashi a sagement attendu d'épuiser son adversaire, une fois de plus placé sous sa garde, avant d'attaquer en puissance (dont il ne manque pas) pour le sortir.