• Nagoya basho 2013 – 12ème journée (Juinichi-me)

    Le yusho se rapproche

    Hakuho a perdu. Non, je plaisante, c'était pour voir si vous suiviez. Il s'est débarrassé de Kotoshogiku à sa manière habituelle, en décalant l'ozeki pour mieux l'aligner en projection. Toutefois, le yokozuna semblait plus éprouvé que d'habitude au sortir de ce combat. S'est il blessé? En attendant, la surprise est venue d'Aoiyama qui, en tant que lutteur de tête (même si à bonne distance du yokozuna Hakuho), était opposé à Chiyotairyu, sorte de nouveau mètre étalon de ce Nagoya basho. Contrairement à Kaisei (qui a perdu aujourd'hui, voir plus loin), le test a été concluant. Comme d'habitude, le Bulgare ne s'est pas embarrassé de subtilité : quelques tsuppari bien appuyés suivi d'une classique reculade lui ont suffi. Il devient ainsi seul deuxième et surpasse son compatriote Kotooshu qui s'est fait battre par Kisenosato. L'ozeki bulgare a pourtant chèrement vendu sa peau même s'il a commencé par une esquive. Il a en effet longtemps tenu au corps à corps, profitant de la méfiance de Kisenosato, très attentif à ne pas commettre de faute et n'a pas hésité à tenter une projection risquée pour contrer sa sortie inévitable. Peine perdue, les deux rikishis se sont écroulés au pied du dohyo.



    Tochiozan est mieux parti que Goeido mais a commis l'erreur classique du déséquilibre, ce dont a immédiatement profité le sekiwake pour reculer et le laisser s'écrouler.Tokitenku a toujours battu Fujiazuma et il a continué cette tradition en déviant instantanément sa poussée initiale. Lui aussi invaincu face à Takayasu, Myogiryu a enfoncé le clou en le renversant facilement après l'avoir fait reculer dangereusement. Gagamaru n'a pas pesé bien lourd (sans jeu de mots) devant la détermination de Shohozan qui l'a sorti avec facilité. Si Kyokutenho a mis Aminishiki en danger en début de combat, il a vite abdiqué quand ce dernier lui a pris la jambe et n'a alors opposé aucune résistance à son expulsion.

    Toyonoshima a attaqué Kotoyuki avec l'envie d'un lutteur qui ne veut pas basculer dans le make koshi et quand Tom Pouce veut, il peut... Après avoir constaté qu'il n'arriverait jamais à repousser Tamaasuka qui n'arrêtait pas de charger comme un rhinocéros, Ikioi a sagement décidé de dévier sa trajectoire, ce qui était la meilleure option. En lévitation lors de la première semaine, Kaisei est depuis redescendu sur terre. Devant des rikishi d'un autre niveau que le bas de la makuuchi, le Brésilien a logiquement plus de mal et ce n'est pas son combat perdu contre Okinoumi qui permettra de dire le contraire. Surpassé en rapidité comme en technique, Kaisei a été incapable d'imposer sa masse et sa puissance et s'est retrouvé forcé d'aller au delà de la tawara. La henka tenté par Yoshikaze sur Jokoryu était du genre monumental mais n'a pourtant pas marché. Elle a tout de même été suffisante pour surprendre Jokoryu, arrêté devant la tawara et qui n'a pas pu contenir l'attaque furieuse de Yoshikaze. Masunoyama a beaucoup d'enthousiasme mais ça ne suffit pas pour faire du bon sumo et Takarafuji n'a eu aucun mal à le lui montrer en déviant facilement sa charge brouillonne pour mieux le pousser dans le dos.

    Sokokurai n'avait pas de solution pour battre Kitataiki, il l'a alors maintenu à distance autant qu'il a pu avant de se faire sortir. Tokushoryu a mis du temps pour contrer la poussée franche de Toyohibiki mais une fois stabilisé, il a imposé son sumo de corps à corps efficace. Alors qu'il est au bord du make koshi, Wakanosato a eu la bonne idée de gagner contre Sadanofuji qui, lui, est tombé dedans. La lutte a été laborieuse, Sadanofuji tentant de pousser Wakanosato qui a eu du mal à s'en dépétrer. Au final, une reculade fera l'affaire. Aran a pris Shotenro de vitesse au tachi-ai, ce qui est une belle performance et le Russe l'a tout de suite sorti dans la foulée. Daido n'a pas l'air blessé. Rien n'explique l'incroyable déculottée qu'il est en train de se prendre alors qu'il devrait fêter ses deux ans de makuuchi. Encore une fois, il est apparu désemparé devant un Tamawashi conquérant qui l'a dominé de bout en bout.

    Toujours aussi solide sur ses jambes, Endo a supporté avec lucidité les attaques de Takanoiwa, avançant toujours au bon moment afin de le repousser avec une maîtrise impressionnante hors des limites. Il reste donc plus que jamais leader de la division juryo surtout qu'Asasekiryu et Tochinowaka, les deux poursuivants les plus proches, ont connu des destins contraires. Tochinowaka affrontait Homasho, un ancien de la makuuchi, comme lui, ce qui l'a sans doute incité à mettre la pression d'emblée et de ne jamais la relâcher. Cette stratégie a été payante puisque Homasho, fort dépité, s'est fait sortir comme un malpropre. De son côté, Asasekiryu s'est embarqué, comme d'habitude, dans un long combat au corps à corps contre Yoshiazuma. Mais cette fois ci, le temps n'a pas favorisé le Mongol qui s'est fait sortir laborieusement par un Yoshiazuma motivé par l'obtention de son kachi-koshi. Tochinowaka reste ainsi le dernier à menacer Endo pour le yusho mais à avec deux défaites d'écart et à trois jours de la fin, les jeux sont pratiquement faits.

    Le pari de Chiyootori de revenir en cours de basho pour essayer de limiter les dégâts est en train de réussir au delà des espérances. En effet, le lutteur de la Kokonoe n'arrête pas de gagner depuis qu'il est revenu et tient ainsi le make koshi à distance. Cela a été le cas encore contre Tenkaiho, projeté d'un sukuinage bien ample comme il faut. Continuant sur sa lancée, Osunaarashi, le lutteur égyptien, a conquis sans surprise son kachi koshi en disposant facilement de Kotomisen. Ce basho est à oublier pour Nionoumi qui s'est fait sortir par un Chiyoarashi coriace malgré de vrais efforts. Avec cette onzième défaite, il frise l'accident industriel. Daikiho aurait dû gagner son combat contre Sotairyu tellement il a dominé mais il a manqué de sérieux dans les finitions. Alors qu'il aurait pu le repousser ou le mettre au sol, il s'est laissé embarquer dans un mouvement qui l'a mis à terre avant Sotairyu. Seiro a tout fait pour échapper aux prises peu orthodoxes de Takanoyama, y compris tenté de faire comme Takanoyama lui même mais en vain, car rien ne vaut l'original qui a retourné Seiro avant de le fracasser au sol.