Oyez, oyez, braves gens, ce que les ménestrels de Ryogoku vont vous rapporter. Une nouvelle terrible, un catactysme encore plus grand que la perte du triple A ou que la nouvelle coupe de Justin Bieber. Qui aurait pu l’imaginer ? Sans doute le seul Kakuryu était-il à même de se voir vainqueur d’un combat qui l’opposait au dai-yokozuna Hakuho, rencontré à vingt reprises et toujours sorti vainqueur de leurs confrontations. Et pourtant, le sekiwake l’a fait. Après un atari dont aucun ne sort vainqueur, c’est Kakuryu qui prend l’initiative et d’un tirage sur le bras de son adversaire, parvient à décrocher une belle prise intérieure main droite sur la mawashi de Hakuho. Après l’avoir fait tournoyer sur un tour complet, il reprend une marche en avant qui accule son adversaire à la tawara. Une tentative de tsuri plus tard, le yokozuna est contraint de céder, ce combat et la tête du yusho. Les zabuton, malgré le pseudo-interdit, peuvent voler (pas assez nombreux, hélas).
Stupeur au Kokugikan
Baruto conquérant
Baruto carnassier
Le yokozuna n’est pas seul dans sa position de poursuiteur, puisqu’il est accompagné par l’ozeki Kisenosato, ce qui ne doit pas le réjouir, au vu de l’histoire récente des combats entre les deux hommes. Deuxième affrontement inter-ozeki du basho, qui oppose donc Kisenosato et Kotoshogiku, les deux plus frais à ce rang. Mais ce n’est pas le croupion de combat entre les deux Japonais, qui voit Kisenosato planter un tirage sur son adversaire dont il craint le yori puissant (leur bilan en est témoin), qui fera la meilleure publicité pour le retour des Nippons au premier plan. Ces deux-là sont capables d’offrir bien mieux, espérons qu’ils le fassent à l’avenir. Toujours est-il que Kisenosato est toujours en course pour le yusho. Et il rencontrera demain… le yokozuna. Gageons que la tension sera maximale.
Kisenosato sans panache.
On peut être quelque peu rassuré quant à l’état physique de Kotooshu, qui après l’atari voit et saisit l’opportunité de prendre une très profonde prise de mawashi sur Kitataiki qui lui offre le dos à ses grandes pattes. Le Bulgare fait fructifier cet avantage et gagne pour une fois ce basho sur un yori de bout en bout. Kachi-koshi pour lui, dégringolade pour Kitataiki. Takayasu est décidément sans complexe pour ses débuts dans la « zone rouge » du banzuke. Il est à deux doigts aujourd’hui de s’offrir son premier scalp d’ozeki, en l’occurrence Harumafuji. La lutte s’engage pour deux secondes d’oshi furieux, avant que Takayasu ne prenne l’ozeki sous les aisselles et ne soit à un rien de le sortir. Mais le Mongol se récupère et profite de son morozachi solide pour sortir le jeunot du cercle. Mais Takayasu est décidément à suivre. Kachi-koshi pour l’ozeki. Chiyonokuni décroche son kachi-koshi par le jeu d’une henka qui lui permet de se rendre la tâche facile en amenant Kyokushuho au sol. Le Mongol est à deux doigts du make-koshi. Kachi-koshi tranquille enfin pour Tochiozan, plein d’assurance dans son combat et qui dévie gentiment la masse de Tenkaiho pour le faire venir au sol.
Décidément, le pré-retraité et futur Oshima-oyakata, Kyokutenho, est bien fringant pour ses derniers basho et à ce rythme peut tout à fait envisager les sanyaku. Certes, aujourd’hui, sa victoire est due à une henka qui lui permet de prendre totalement le contrôle du mawashi de Tochinowaka et de le sortir sans peine, mais au final, le vétéran est tout proche d’un kachi-koshi, voire mieux, comme M6. Respect. Aran, resté dans l’axe (pour une fois pourrait-on dire), est dépassé par la puissance du rouleau-compresseur géorgien Gagamaru. Combat à sens unique pour Asasekiryu qui expulse tranquillement Takanoyama, incapable de dévier la charge. Cesz trois vainqueurs sont à deux pas du kachi-koshi.
Sans faire de bruit, Aminishiki se place comme le meilleur joi-jin. Plus tout jeune, il bat pourtant Wakakoyu de six ans son cadet, en oshi s’il vous plaît, pour équilibrer sa fiche. Un retour en sanyaku n’est plus une simple vue de l’esprit pour ce lutteur de près de 34 ans. On ne peut pas trop attendre de subtilité dans un Miyabiyama-Takekaze (en dépit de la tentative avortée de henka du dernier). La lutte s’engage donc sur le terrain d’un oshi-zumo violent mais pataud, les deux hommes étant loin de leurs vertes années. C’est finalement un des tirages pas convaincants de Miyabiyama qui a raison de l’équilibre précaire de Takekazee, l’ex-ozeki finissant alors le travail en force. Tentative de shitatenage de part et d’autre entre Okinoumi et Goeido, mais ce dernier échoue dans la sienne, laissant Okinoumi adoucir sa fiche. A l’instar de la plupart des autres joi-jin, Goeido est au bord du make-koshi. Homasho est toujours trop bas mais cette fois-ci il parvient à conserver sa position sans subir de déséquilibre, ce qui lui permet de repousser solidement Yoshikaze en oshi.
Hatakikomi dès l’atari achevé pour Daido, pas plus fringant que d’habitude mais qui profite de la mauvaise position de Toyohibiki. Tochinoshin a le tort de vouloir planter une henka à Myogiryu, et surtout celui de la rater. Myogiryu prend alors le contrôle des hostilités et ne laisse pas un instant de répit au Géorgien qu’il achève en sukuinage. Victoire solide d’Aoiyama qui montre la détermination et la force nécessaire (voire un peu de superflu dans la dernière poussée) pour éjecter Tokitenku dans les premiers rangs des spectateurs. Réjouissant combat entre Shohozan et Sadanofuji, qui voit une bataille de nodowa que n’aurait pas renié Toki. Lorsque le combat parvient finalement au mawashi, c’est le plus léger Shohozan qui montre au final plus de puissance et de vista dans son assaut. Le grip de Fujiazuma sur le mawashi de Sagatsukasa est décisif dans la victoire du lourd sur le léger. Kaisei manifeste aujourd’hui pas mal de bonne volonté, mais sa charge puissante est contré de justesse par Tosayutaka à la tawara, qui profite ensuite du replacement du Brésilien pour lui planter une magistrale projection.
Pas de changement en tête des juryo, où Amuru et Chiyotairyu continuent de mener les débats, chacun fidèle à son style d’ailleurs. Toujours dans son style habituel, en sumo de recul, Chiyotairyu encaisse solidement la charge de Shotenro qu’il exécute par le truchement d’une prise solide de mawashi qui lui permet de placer un sukuinage. L’élève de Kokonoe reste solidement campé en tête. Amuru, toujours aussi fringant, décroche une victoire émérite encore une fois face à Takamisakai. L’allonge du Russe et l’excellent placement de ses bras lui permettent de conserver à distance Robocop toujours dangereux en yotsu et de le sortir en puissance. Un sumo vraiment plaisant.
Belle performance de Sotairyu, pris à la gorge par Asahisho et quasi condamné à la tawara, mais qui récupère sa position pour contrer avec brio son adversaire, décrocher le kachi-koshi et rester dans la course au titre. Homarefuji remporte de justesse un combat à sens unique où il repousse sans coup férir Kimikaze mais manque de s’écrouler au sol. Kimikaze abandonne aussi la poursuite, et reste à sept succès. Homarefuji n’échappera quand même pas au retour en juryo. Shironoryu et Tamaasuka trouvent chacun une double prise de mawashi, le vétéran montrant alors qu’il a quelques restes physiques. Victoire nette en yorikiri, Shironoryu accompagnera Homarefuji.
Tokushoryu est totalement dépassé sur ce basho et semble avoir trouvé clairement sa limite, comme le montre sa défaite à sens unique aux mains de Hochiyama. Henka énorme du pourtant lourd Kimurayama qui mystifie totalement Tamawashi qui se retrouve à courir seul dans le vide et sort jusqu’aux rangs des spectateurs. Wakanosato est en contrôle permanent de son combat où il maîtrise les bras de Bushuyama avant de l’attirer au sol en profitant d’une position trop avancée. Victoire sans trembler pour Kotoyuki qui mène par des assauts puissants son combat face à Takarafuji et le sort imparablement en oshi en dépit de la résistance de son adversaire. Très beau combat de Tochinonada, le vétéran étant submergé par l’assaut du lourd Masunoymama mais à même de planter un shitatenage fulgurant qui lui épargne pour l’heure le make-koshi. La puissance de hanche d’Ikioi est impressionnante, ce qui lui permet d’encaisser le mouvement frontal de Tokushinho avant de le faire chuter sur projection. Masuraumi se donne un peu d’espoir dans un basho mal engagé en sortant clairement Tsurgidake. Kokkai retrouve un peu de santé dans ce basho et délivre une victoire convaincante tout en poussée pour équilibrer sa fiche. Furieux assaut en oshi où Kitaharima a l’initiative face à Oiwato, mais le poids léger est trop avancé et se fait attirer au sol par le poids lourd, qui montre une vivacité étonnante.


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