• Hatsu basho 2012 - 8ème journée (nakabi)

    Baruto assure, Kotoshogiku doute

    Baruto continue d’accompagner Hakuho, avec aujourd’hui une victoire qui ne souffre d’aucune contestation et n’appelle que peu de commentaires, tant l’impression d’aisance et de force est patente chez l’Estonien. A noter tout de même un tachiai plus tranchant que d’habitude, même s’il reste encore à l’ozeki de la marge de progression de ce côté-là.
    En revanche, le doute est de mise dans l’esprit de Kotoshogiku. Miyabiyama n’est plus qu’une ombre physique, et le seul danger qu’il peut représenter est son habileté dans le sumo de recul. L’ozeki tombe pourtant dans le piège et réussit à rester trop bas, offrant un succès bienvenu pour le komusubi. La perspective d’un kadoban n’est plus illusoire en revanche pour l’ozeki.


    Baruto solide et convaincant


    « Viens prendre ta fessée, vilain garnement ! ».


    Eh oui, pas de mention du yokozuna Hakuho dans le titre. Autant le dire tout de suite, le Mongol est toujours aussi serein, même si Takayasu, pour sa première confrontation avec un yokozuna (ne doutons pas, il y en aura d’autres), a assuré le spectacle et n’est pas entré dans son combat avec l’intention d’en être un faire-valoir. Takayasu entame son match avec un atari vif, et joue tout de suite le tout pour le tout en oshi-zumo, conscient qu’en yotsu il est perdu d’avance. Il est à deux doigts (deux gros doigts, certes) de déstabiliser le yokozuna, mais celui-ci refuse la bataille de chiffonniers et analyse bien la position trop avancée du jeunot qu’il attire au sol après quelques secondes. Avec un physique plus affûté, Takayasu pourra donner encore plus de fil à retordre au Mongol.


    Saute-mouton, la nouvelle technique de promotion de la Nihon Kyokai.


    Kotooshu et Kisenosato restent en embuscade. Le Bulgare, comme depuis le début du basho, fait parler son allonge pour éviter du mieux qu’il peut l’affrontement en yotsu, mais ses poussées ne sont pas assez précises. Heureusement pour lui, l’une d’entre elles le voit atterrir sur le torse de Toyonoshima, décrochant dans le mouvement une profonde prise de mawashi ce qui lui permet d conclure victorieusement « à l’ancienne » face à l’une de ses bêtes noires. Pas le Kotooshu fringant qui décrocha jadis un yusho, mais une version plus plaisante que le grand échalas lymphatique qu’on a pu voir trop souvent. Long affrontement en yotsu pour Kisenosato qui finit par se débarrasser d’Okinoumi qui paie cher sa place dans le banzuke, en lui infligeant une projection intérieure.


    Kisenosato attend sa rencontre avec le yokozuna… nous aussi.


    Le groupe des poursuivants d’hier est au complet, tous ses membres ayant remporté la mise aujourd’hui. Homasho subit la loi de l’ozeki Harumafuji, la faute à un placement trop bas (un point faible traditionnel chez lui) de sa tête à l’atari, qui le rend très vulnérable à un hatakikomi, ce dont profite sans vergogne le Mongol. Tosayutaka est un bon lutteur technique, mais sa puissance n’est pas au niveau, ce que ne manque pas d’illustrer Tochiozan qui l’expulse aisément. Les trois lutteurs restant à six victoires cirent les bancs du fond de la makuuchi. Une nouvelle fois trop mou, Kaisei se fait assaillir par Chiyonokuni qui signe de belle manière pour l’heure son arrivée en makuuchi. Assailli dès l’atari par un Tenkaiho lourd et puissant, Kyokushuho ne peut résister bien longtemps. Auteur d’une belle prise de mawashi après l’atari, Asasekiryu a toutes les peines du monde à bouger la grande carcasse de Yoshiazuma mais parvient à le projeter après de solides efforts.

    Enfin une victoire pour Wakakoyu, aux dépens du sekiwake Kakuryu. Le spécialiste d’oshizumo l’emporte pourtant sur un sumo de recul, et Kakuryu voit ses projets de course au grade d’ozeki grandement contrariés. Victoire solide d’Aminishiki, qui contre et expulse Goeido de belle manière. Joli succès pour Tochinowaka qui encaisse avec patience, comme un vieux briscard, les assauts désordonnés de Takekaze, avant de le repousser avec méthode, profitant du différentiel physique. Combat frustrant pour Shohozan qui donne tout et alterne tous les styles pour mettre en difficultés son adversaire Toyohibiki, mais ce dernier est juste trop puissant, ce qui lui confère au final une victoire heureuse. Myogiryu continue un basho très solide, montrant toutes les facettes de son talent, même si sa victime du jour, Daido, n’impressionne pas en ce mois de janvier. Pour une fois qu’Aran va au mawashi, on ne peut pas dire que son choix d’adversaire soit le plus opportun : Kyokutenho est un grand spécialiste de yotsu-zumo depuis dix ans, et son physique de vétéran n’est pas encore complètement émoussé. On peut parier sur une henka du Russe demain… magnifique tentative de henka complètement foirée de Yoshikaze sur Gagamaru. Le Géorgien se récupère, la lutte s’engage en yotsu au désavantage toutefois du poids-lourd, qui parvient au final à crocheter Yoshikaze, mais en posant un genou à terre dans le mouvement. Pas verni sur ce coup. Foirade de Tochinoshin qui ne parvient jamais à sortir son compatriote Aoiyama de son axe. Vu la puissance brute du cadet, la défaite est alors imparable. Tokitenku envoie une baffe magistrale à l’atari, laissant Nionoumi, déstabilisé, poursuivre sa poussée avec moins de lucidité ce qui permet au Mongol de l’amener au sol. Sadanofuji mène la lutte aux tsuppari face à Sagatsukasa, mais le petit parvient à dévier un bras de son adversaire pour le laisser s’écrouler au sol. Takanoyama, jamais en reste lorsqu’il s’agit de faire parler la poudre des kimarite originaux, plante une spéciale Asashoryu, un ketaguri fulgurant joliment exécuté, son cinquième en carrière.


    Takanoyama, waza-wizard.


    En juryo, c’est Chiyotairyu qui continue de mener la danse, suivi comme son ombre par Asahisho et l’étonnant Amuru, un groupe de quatre attendant dans l’ombre les faux-pas des leaders. Si une technique marche, pourquoi en changer, doit se dire Chiyotairyu, qui remporte son huitième succès en autant de combats, avec un bon tachiai suivi d’un hatakikomi immédiat sur Bushuyama, assez friable à ce genre de technique. Chiyotairyu reste campé en tête de la division.

    Combat à retournements entre Asahisho et Tokushinho, le premier prenant l’avantage par la grâce d’un tachiai parfait, avant d’être contré par la masse du poids lourd. Mais Tokushinho rate l’une de ses frappes, ce qui permet à son adversaire de prendre une victoire précieuse dans l’optique du juryo yusho. Qu’est-ce qui a pu être le déclic pour Amuru ? En tout état de cause, le Russe est impressionnant de physique et de détermination sur son premier basho en juryo. Peu friand des esquives communes chez pas mal de ses compatriotes, il remporte encore aujourd’hui une victoire convaincante tout en force face au vétéran Tamaasuka.

    Fébrile, Masunoyama provoque deux matta. La troisième charge est la bonne mais pas pour lui, le jeune se faisant promptement expulser par Shotenro en bonne forme. Repoussé par Oiwato, Kotoyuki dévie la charge puissante de son adversaire et le finit sur oshidashi. Bon basho du jeune lutteur de la Sadogatake-beya. Kimikaze ballade logiquement Shironoryu dont les perspectives de salaire prennent du plomb dans l’aile. Poussées/tirages efficaces pour une victoire nette. Combat très vif de poids légers entre Sotairyu et Kitaharima, le premier montrant plus de sens du placement, ce qui lui permet de basculer à l’arrière de son adversaire pour le finir en okuritaoshi.

    Henka ratée pour Homarefuji à la dérive et quasi condamné à retourner à ses études en makushita. Hokutokuni est cependant loin d’être sauvé. Tochinonada voit le bout de sa longue route chez les sekitori s’approcher à grande vitesse. Plus que le score, la netteté de sa défaite sur oshidashi face à Masuraumi pourtant pas dans un basho de feu laisse pessimiste quant à la poissibilitré de revoir l’ancien sekiwake avec un mage en 2013. Bonne charge d’Ikioi sur Takamisakari qui tente bien d’attirer son cadet au sol, mais le jeune est trop stable sur ses appuis et repousse le vétéran au-delà de la tawara. A l’expérience plus qu’au physique, Kokkai dispose de Takarafuji en l’entraînant dans une sarabande infernale dont il ressort vainqueur. Après avoir subi un puissant nodowa de Kimurayama, Wakanosato parvient à engager le combat au corps à corps, ce qui lui vaut une victoire assez tranquille. Après un niramiai tendu, Tamawashi expulse sans peine Tokushoryu. Tsurugidake remporte enfin une victoire sur Hochiyama en oshizumo.

    En makushita, les quarts de finalistes sont désormais connus, les quatre mieux classés apparaissant également comme les favoris dans une lutte qui s’annonce serrée. Sakumayama, auteur d’un combat émérite et superbe contre le dangereux Terashita, qui décroche un morozachi, n’est plus qu’à une victoire d’égaler le record absolu de victoires consécutives à l’arrivée dans le sumo professionnel. Si l’universitaire solide qu’il a été rend cette performance assez logique, elle n’en est pas moins exceptionnelle. Ses adversaires les plus sérieux seront Hakiai, l’ancien tsukedashi longtemps blessé, et les frères jumeaux d’une Kokonoe pépinière de talents en ce moment, Chiyoo et Chiyootori.


    Sakumayama sur les traces d’Itai.


    En sandanme, Sakaguchi le revenant s’affirme comme un sérieux prétendant au titre. Le lourd et jeune Kenho, Hakuiyozan et Kotokawazu devraient être ses plus sérieux adversaires. A noter la défaite sur isamiashi d’Orora contre Ohara, qui lui rend tout de même… 200 kilos ( !!).



    Ikeru enchaine à nouveau les succès mais ne sera pas dans la lutte, ouverte dans une division sans lutteur phare, où Oruri semble se diriger vers le titre au vu de son passé.

    Moriurara cède comme prévu la place aux grandes personnes. La lutte pour le yusho devrait se circonscrire à Isenohana et au shindeshi Goshi.