Journée absolument sans surprises en ce deuxième jour du Hatsu basho, premier des honbasho de l'an de grâce 2012. La fin du monde des Mayas n'est pas pour tout de suite, en tout cas pas pour les lutteurs du haut de plateau qui font carton plein, l'unique sanyaku défait ce jour étant opposé à plus forte partie hiérarchique. Ce sont les joi-jin et les komusubi qui prennent lourd, leur score cumulé s'établissant à deux petits succès pour huit lutteurs sur deux journées.
Hakuho ne connaît pas un seul souci face au lutteur d'oshizumo pur Takekaze. Physiquement dépassé, celui-ci ne fait pas ciller le Mongol qui domine sur son terrain l'échange en poussant et tirant, Takekaze finissant par rouler tout seul au sol sur un déséquilibre provoqué. Le dai-yokozuna est loin de puiser dans ses réserves, et démontre une fois de plus à ses adversaires la versatilité de sa palette technique.
Business as usual...
Victoire express et solide pour Harumafuji qui bouscule le sekiwake Toyonoshima, qui offre une résistance désespérée à la tawara. Revenu au centre du dohyo, le sekiwake tente de retrouver son équilibre mais place sa jambe gauche trop en avant, erreur que l'ozeki mongol exploite parfaitement en attirant le Passepartout du sumo à lui et en le tombant d'un très joli uwatenage. Combat tout aussi solide de Kotooshu qui, à l'instar de Hakuho, bat Miyabiyama à son propre jeu de l'oshi-zumo, le komusubi étant trop lent et emprunté à ce niveau désormais. Le Bulgare devra faire montre d'autres qualités toutefois quand l'opposition va commencer à se relever.
Opposé au roi du niramiai (Kotooshu en sait quelque chose), Kisenosato n'est pas vraiment du genre à s'en laisser compter. Après un break calculé, Aminishiki y va cette fois franco. Mauvais calcul face au shin-ozeki trop puissant et lucide, qui exploite parfaitement un décalage opportun du lutteur de l'Isegahama. Aminishiki roule à terre, et Kisenosato reste invaincu.
« Nan, moi on ne me la fait pas... »
Victoire facile pour Baruto qui jauge d'emblée la résistance d'Okinoumi et décide en une fraction de seconde d'absorber la poussée du jeune espoir plutôt que de tenter la frontale comme à l'accoutumée. En tournant le corps de son adversaire il se facilite la tâche pour une victoire sans effort.
A défaut d'être brillant, Baruto est appliqué.
Kakuryu complète la razzia des hauts classés en venant à bout de Goeido pas assez rapide et concédant une position basse au Mongol avec trop de facilité.
Toyohibiki est solide et tranchant dans ses nodowa, Homasho est vite désemparé et doit sortir hors du cercle. Grosse naïveté pour Aoiyama, trop précipité et mal placé dans son assaut, ce qu'exploite parfaitement Shohozan. Face à un adversaire qui lui réussit généralement, Aran est battu en puissance. Tochiozan avait pourtant un score de une victoire à neuf face au Russe. Il faut profiter des combats de Kyokutenho, le vétéran mongol étant appelé d'ici la fin de l'année à succéder à son beau-père d'oyakata. En attendant, le vieux briscard a encore des tours dans sa poche, ou est-ce Yoshikaze qui se bat tout seul, son genou ployant inexplicablement sur une tentative de gaburi. Takayasu est l'un des deux seuls joi-jin avec une victoire au compteur, grâce à son succès tout en puissance sur Kitataiki, une belle référence. Le jeune nippo-philippin poursuit une jolie progression. Daido pourra s'en vouloir au visionnage de son combat du jour, tant il a eu d'opportunités de défaire le magicien des nage-kake, Tokitenku, qui lui présente son dos à un moment du combat. Le Mongol a encore de la ressource pour donner la leçons aux « petits jeunes ». Surprenante défaite de Tochinoshin qui tente la frontale en puissance face aux plus de 200 kilos de son compatriote Gagamaru, qui expulse son musculeux mais – relativement – frêle adversaire en deux secondes. En dépit d'un gabarit plus imposant, Yoshiazuma est pris à la gorge – littéralement – par les précis nodowa de Sadanofuji qui l'emporte sans trop de mal. Tosayutaka est vif et incisif dans son combat, avec plusieurs changements de bras éclair, mais il trouve une surprenante contrepartie en Fujiazuma, poids-lourd qui entre – plutôt bien – dans ce jeu, et fait au final parler une salutaire puissance. Après quarante secondes de combat intense où le positionnement des bras est la clé, Tochinowaka chute à terre en faisant sortir sa contrepartie Myogiryu. A la grande joie du public enchanté par le premier et superbe combat, les shimpan infirment le gyoji et décident d'un torinaoshi. La suite, plus courte mais tout aussi intense, voit le nippo-coréen Tochinowaka faire parler son physique plus solide pour une très jolie victoire. Un morozachi intérieur n'est jamais bon signe pour aucun lutteur, encore moins quand la victime s'appelle Takanoyama et l'auteur Tenkaiho, un poids lourd en makuuchi. Le Tchèque finit par rendre les armes, non sans une solide résistance qui lui vaut une fois de plus les vivats de la foule. Amuru, Takanoyama et les autres poids légers apparus dans le trou d'air créé par l'affaire du yaocho seront peut-être partie du nouveau souffle de fraîcheur dont a besoin l'Ozumo dans ces temps difficiles. Placé et bien en appui sur ses canes, Chiyonokuni profite de son allonge nécessairement plus importante que celle de Sagatsukasa pour maintenir Passe-temps à distance et l'envoyer dans les sunakaburi. Apparu bien mou depuis quelques temps, le Brésilien Kaisei fait mentir ses détracteurs en profitant de l'imprudence du jeune Kyokushuho qui concède trop aisément une profonde prise de mawashi. Alea jacta est pour le Mongol sur ce combat à tout le moins. Enfin, Asasekiryu, plongé au fond de la makuuchi par la faute de trop de make-koshi, se résout à tout, y compris une vilaine henka, qui a au moins le mérite de l'efficacité face à Nionoumi bluffé par le timing du Mongol.
Chez les juryo, beau combat avec un sens de l’équilibre et du dohyo louable pour le « Homasho look-alike » Kitaharima, qui remporte son premier combat chez les sekitori. Choc et hatakikomi pour Chiyotairyu qui fait dans l’efficace au détriment du beau. Tokushinho parvient à contenir Hokutokuni jusqu’au moment où celui-ci passe sous sa garde. Combat version allégée pour Amuru et Sotairyu, qui font à peine un Yamamotoyama à eux deux. Le Russe, fringant, se fait toutefois attirer au sol par son adversaire après une belle lutte. Kimikaze emporte la mise face à Masuraumi en empêchant son adversaire de passer un deuxième bras sous sa garde, le laissant dans une position difficile dont il profite pour l’chever sur yorikiri. Oiwato a l’initiative d’un oshizumo puissant, mais pas assez précis, ce qui permet à Asahisho de lui passer à l’arrière quand il rate son assaut final. Bushuyama laisse Tamaasuka s’essouffler à chercher une prise avant de l’achever en sukuinage. Kotoyuki anéantit en trois poussées un Tochinonada dont la légendaire puissance semble battre sérieusement de l’aile. Sort identique pour le chouchou des foules Takamisakari, repoussé inexorablement en yorikiri pas Shotenro de retour de blessure. Défaite piteuse de Tokushoryu qui s’écroule sur une henka poussive de Kimurayama. Grosse résistance à la tawara d’Ikioi en fâcheuse posture face aux assauts de Tsurugidake mais qui peut se reprendre et profiter du mouvement avant mal maîtrisé de son adversaire pour le laisser choir au sol sur hatakikomi. Ikioi est décidément en bonne position pour imiter Takanoyama en passant en makuuchi après des années à ramer chez les torikteki et seulement deux basho en juryo. Kokkai, qui n’a plus sa puissance d’antan, rassure un peu avec un changement de bras éclair qui lui permet de s’arroger une belle position pour battre le lourd Masunoyama sur uwatedashinage. On voyait Wakanosato bien mieux sur un basho de juryo. Il est pourtant totalement dépassé en puissance par Tamawashi qui le sort aisément. Ramené à la tawara par un assaut bovin de Hochiyama, Takarafuji s’en sort avec un joli contournement sur shitatenage.


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